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Comment devenir freelance en Belgique : démarches, comptabilité et obligations fiscales

En Belgique, le freelance est un travailleur indépendant qui exerce à son propre compte, sans contrat de travail. Le pays comptait plus de 263 000 freelances en 2022, et ce nombre continue de croître chaque année.

Quel type de comptabilité tenir ? Faut-il facturer la TVA ? Comment déclarer ses revenus à l’impôt des personnes physiques ?

Vos experts-comptables myfid vous guident dans les démarches, avec les seuils et obligations comptables à connaître pour 2026.

L’info en 5 points-clés

  1. Le freelance belge est juridiquement un travailleur indépendant. Aucune distinction légale n’existe entre les deux termes, mais « freelance » désigne plutôt les professions de services et les professions libérales.
  2. La comptabilité simplifiée est accessible si votre chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 500 000 EUR HTVA. Au-delà, vous devez passer en comptabilité double, avec des obligations nettement plus lourdes.
  3. Le seuil de franchise TVA est fixé à 25 000 EUR HTVA par an. En dessous, vous ne facturez pas de TVA à vos clients, mais vous ne déduisez pas non plus la TVA sur vos achats professionnels.
  4. En personne physique, aucune séparation n’existe entre votre patrimoine privé et professionnel. Vos créanciers professionnels peuvent saisir vos biens personnels, ce qui rend le passage en société pertinent au-delà d’un certain niveau de risque.
  5. Chaque mission peut être encadrée par un contrat de freelance écrit. Ce contrat protège les deux parties et évite toute ambiguïté sur les livrables, les délais et la rémunération.

Qu’est-ce qu’un travailleur freelance ?

Le mot freelance (parfois orthographié free-lance) vient de l’anglais. Il désigne à la fois un mode de travail et un professionnel qui exerce de manière indépendante, sans être rattaché à une agence, une entreprise ou une maison d’édition. Concrètement, quiconque a besoin de votre expertise peut faire appel à vous pour une mission précise, de quelques heures à plusieurs mois.

En Belgique, les termes « freelance » et « indépendant » sont utilisés de manière interchangeable sur le plan juridique. Les deux désignent une personne qui travaille à son propre compte, sans lien de subordination avec un employeur. Elle est responsable de sa propre sécurité sociale et de ses obligations fiscales.

S’il n’existe pas de différence légale entre les deux, l’usage réserve plutôt le terme « freelance » aux professions libérales, aux consultants et aux travailleurs du secteur des services (designers, rédacteurs, développeurs). Le mot « indépendant » est plus général et couvre aussi le commerce et l’artisanat.

Être freelance en Belgique : quelques chiffres

La dernière étude consacrée par l’UCM (Union des Classes Moyennes) au freelancing remonte à 2022. Quelques chiffres marquants :

  • La Belgique compte 263 618 freelances, soit une hausse de près de 27 % par rapport à 2018
  • L’accroissement annuel moyen est de 6,7 %
  • 60 % des freelances exercent en Flandre, 23,1 % en Wallonie et 14,3 % à Bruxelles
  • 3 freelances sur 4 sont des hommes
  • Près de 9 sur 10 sont diplômés de l’enseignement supérieur
  • Dans 74 % des cas, le freelance travaille sur base d’un contrat à durée fixe et son tarif horaire médian se situe entre 71 EUR et 90 EUR

Pourquoi tenir sa comptabilité à jour quand on est freelance ?

Toujours selon cette étude, 31 % des freelances belges interrogés citent les contraintes administratives parmi leurs principales préoccupations. Garder une comptabilité à jour n’est pas qu’une obligation légale : c’est un outil de gestion concret.

Une comptabilité bien tenue vous permet de suivre vos flux de trésorerie, d’identifier vos sources de revenus les plus rentables et de maîtriser vos dépenses. Elle facilite aussi le suivi de vos frais professionnels déductibles, qui réduisent directement votre base imposable à l’IPP.

En cas de contrôle fiscal, c’est votre comptabilité qui prouve la conformité de vos transactions. La charge de la preuve repose sur le contribuable : chaque dépense professionnelle doit être justifiée par un document probant (facture, ticket, contrat). Sans ces pièces, l’administration fiscale peut rejeter la déduction.

Au-delà de la conformité, une comptabilité à jour renforce votre crédibilité auprès de vos clients et partenaires commerciaux. Elle vous permet aussi de planifier vos investissements et d’anticiper votre charge fiscale.

Quelles sont les obligations comptables des freelances en Belgique ?

Un travailleur freelance doit remplir une série d’obligations légales : s’affilier à une caisse d’assurance sociale et à une mutualité, payer des cotisations sociales, et communiquer tout changement de situation professionnelle ou familiale.

À ces obligations s’ajoutent des obligations comptables qui varient selon le type de comptabilité applicable :

Quand peut-on tenir une comptabilité simplifiée ?

La comptabilité simplifiée est une dérogation prévue par le législateur. Elle s’adresse principalement aux travailleurs indépendants personnes physiques dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 500 000 EUR HTVA.

Trois documents doivent être tenus à jour :

  • le journal des achats
  • le journal des ventes
  • le journal des opérations financières

Un inventaire annuel est également obligatoire. Il doit recenser les marchandises, les actifs immobilisés, les créances, les dettes et les obligations.

Quand devez-vous passer en comptabilité complète ?

Même en tant qu’indépendant personne physique, vous devez tenir une comptabilité complète si votre chiffre d’affaires annuel dépasse 500 000 EUR HTVA. Cette comptabilité est plus complexe et exige davantage de justificatifs.

Avec la comptabilité double, chaque opération financière ou commerciale se traduit par une double écriture comptable : l’une au crédit d’un compte, l’autre au débit d’un autre.

Vous devez aussi tenir :

  • un journal auxiliaire
  • un grand livre des comptes
  • un journal centralisateur
  • vos balances provisoires

⚠️ Attention : la comptabilité complète implique le respect du Plan Comptable Minimum Normalisé (PCMN), qui structure l’ensemble des comptes nécessaires à l’enregistrement des mouvements de valeur dans votre entreprise.

Comment fonctionne la TVA pour le freelance ?

Si vous exercez en tant que freelance en Belgique, vous êtes très probablement assujetti à la TVA. Vous devez la collecter sur vos opérations imposables, la déclarer périodiquement et la reverser à l’État belge.

Le régime de franchise de la taxe est accessible à tout freelance dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur ou égal à 25 000 EUR hors TVA. Au-delà de ce seuil, l’assujettissement à la TVA est obligatoire.

Attention : sous le régime de franchise TVA, vous ne facturez pas de TVA à vos clients, mais vous ne pouvez pas non plus déduire la TVA sur vos achats professionnels. Si vous prévoyez des investissements importants (matériel informatique, aménagement de bureau), le coût réel de ces achats sera donc plus élevé. Ce point mérite d’être calculé avant de choisir ce régime.

Quelles sont les obligations du freelance en matière de TVA ?

Tout freelance non exonéré de TVA doit respecter ces obligations :

  • demander l’identification à la TVA
  • déposer des déclarations à la TVA (mensuelles ou trimestrielles)
  • payer au Trésor la TVA facturée aux clients
  • transmettre un listing annuel des clients assujettis
  • tenir une comptabilité conforme
  • émettre des factures conformes
  • signaler toute modification d’activité ou de données
  • déclarer une cessation d’activité le cas échéant

Par exemple

Nadia est graphiste freelance à Liège. Elle facture 22 000 EUR HTVA par an. Sous le seuil de 25 000 EUR, elle peut bénéficier de la franchise TVA. Elle ne facture donc pas de TVA à ses clients, mais ne récupère pas non plus la TVA sur son matériel (écran, tablette graphique, logiciels). Si elle achète un iMac à 2 500 EUR HTVA, elle paie 525 EUR de TVA qu’elle ne pourra pas déduire.

Quelle comptabilité pour le freelance indépendant complémentaire ?

Un freelance entre dans la catégorie des indépendants à titre complémentaire lorsqu’il remplit l’une de ces conditions :

  • il exerce encore une autre activité professionnelle en tant qu’employé ou fonctionnaire, parallèlement à son activité freelance
  • il bénéficie d’un revenu de remplacement (allocation de chômage, indemnité d’incapacité de travail) tout en étant actif comme indépendant
  • il préserve ses droits à une pension de retraite ou de survie parallèlement à son activité d’indépendant

La comptabilité du freelance indépendant complémentaire est identique à celle de l’indépendant à titre principal. Elle varie selon le chiffre d’affaires et la forme juridique choisie.

L’indépendant complémentaire doit respecter les mêmes obligations comptables (comptabilité simplifiée ou complète), fiscales (TVA et impôt) et légales (caisse d’assurance sociale, mutualité, cotisations sociales).

Un piège fréquent : beaucoup d’indépendants complémentaires sous-estiment leurs cotisations sociales provisoires la première année, car celles-ci sont calculées sur un forfait minimum. Les cotisations définitives, recalculées sur les revenus réels, peuvent réserver une mauvaise surprise deux à trois ans plus tard. Mieux vaut provisionner dès le départ.

Tenir sa comptabilité de freelance : avec ou sans expert-comptable ?

Vous exercez votre activité de freelance sous le statut de travailleur indépendant personne physique ? Deux situations se présentent :

  • vous avez le droit de faire votre comptabilité vous-même si vous travaillez sous un régime de comptabilité simplifiée
  • vous n’avez pas le droit de la faire vous-même si vous êtes en comptabilité double ou complète (un expert-comptable agréé est alors obligatoire)

Si vous pouvez tenir votre propre comptabilité et souhaitez le faire, nous vous recommandons de suivre une formation comptable de base, d’utiliser un logiciel adapté aux freelances et de bien maîtriser les fonctions essentielles d’un tableur.

L’erreur classique est de confondre « comptabilité simplifiée » avec « comptabilité simple à faire ». Même en comptabilité simplifiée, les pièces justificatives doivent être conservées sept ans et chaque écriture doit être passée dans les délais. Une erreur dans vos journaux d’achats ou de ventes peut entraîner un redressement TVA ou un rejet de déduction à l’IPP.

Pourquoi choisir myfid pour votre comptabilité de freelance ?

Chez myfid, votre comptable est sélectionné en fonction de sa connaissance de votre domaine d’activité : informatique, consulting, professions créatives, etc. Vous ne perdez pas de temps à lui expliquer votre métier.

Nos solutions de gestion comptable commencent à partir de 39 EUR par mois HTVA, avec un mois de préavis seulement si vous souhaitez nous quitter.

Vous exercez comme freelance et souhaitez confier votre comptabilité à des experts de confiance ? Contactez myfid pour un devis gratuit et sans engagement.

Questions fréquentes

En tant que freelance, comment suis-je imposé en Belgique ?

Le freelance exerçant en personne physique (à titre principal ou complémentaire) est soumis à l’impôt des personnes physiques (IPP). L’impôt est calculé sur votre revenu professionnel net, c’est-à-dire la différence entre vos revenus professionnels et vos dépenses professionnelles. Les taux de l’IPP sont progressifs, de 25 % à 50 % selon les tranches de revenu.

Le SPF Finances exige de chaque indépendant personne physique une déclaration fiscale annuelle, avec la partie 1 (sphère privée) et la partie 2 (activité professionnelle). Pour éviter une majoration d’impôt, vous devez aussi effectuer des versements anticipés trimestriels.

Quand un freelance devrait-il passer en société ?

Si votre activité freelance génère des bénéfices significatifs, le passage en société peut devenir avantageux. En personne physique, vos revenus sont soumis au barème progressif de l’IPP (jusqu’à 50 %). En société, le taux standard de l’impôt des sociétés est de 25 %, avec un taux réduit de 20 % sur les premiers 100 000 EUR de bénéfice pour les PME. Ce seuil de rentabilité se situe généralement entre 50 000 EUR et 80 000 EUR de bénéfice net, mais dépend de chaque situation.

La société offre aussi une séparation entre patrimoine privé et professionnel. Vos créanciers professionnels ne peuvent plus saisir vos biens personnels (sauf faute de gestion). Consultez notre guide pour savoir quand passer en société et faites le point avec votre comptable avant de prendre cette décision.

Par exemple

Thomas est développeur freelance à Bruxelles. Il dégage 75 000 EUR de bénéfice net par an. En personne physique, sa tranche marginale atteint 50 %. En passant en SRL, les premiers 100 000 EUR de bénéfice seraient taxés à 20 % (sous conditions), et il pourrait se verser une rémunération de 45 000 EUR pour maintenir le taux réduit. La différence de charge fiscale globale peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an.

Combien coûte un comptable pour freelance en Belgique ?

Le coût varie selon l’expérience du comptable, la complexité de votre dossier et la fréquence des prestations. Les tarifs sont généralement structurés en tarif horaire, forfait mensuel, ou tarif par prestation spécifique (déclarations fiscales, bilans annuels).

Chez myfid, les solutions de gestion comptable commencent à partir de 39 EUR par mois HTVA. Présents physiquement à Bruxelles et Charleroi, nous fournissons nos services comptables dans toute la Belgique grâce à notre approche digitalisée. Découvrez nos prestations comptables.

Un freelance en franchise TVA peut-il quand même déduire la TVA sur ses investissements ?

Non. Le régime de franchise TVA exclut toute déduction de la TVA payée en amont. Si vous achetez du matériel professionnel (ordinateur, mobilier de bureau, véhicule), la TVA que vous payez sur ces achats reste à votre charge. C’est un coût supplémentaire à intégrer dans vos tarifs.

Si vos investissements sont importants, il peut être plus intéressant de renoncer à la franchise TVA et de vous assujettir volontairement. Vous facturerez alors la TVA à vos clients, mais vous pourrez déduire la TVA sur vos achats professionnels.

Comment éviter la requalification en contrat de travail quand on est freelance ?

Le risque de « fausse indépendance » (schijnzelfstandigheid) existe lorsqu’un freelance travaille principalement pour un seul client, avec des horaires fixes et un lien de subordination de fait. L’ONSS peut requalifier la relation en contrat de travail, avec des conséquences sociales et fiscales lourdes pour les deux parties.

Pour vous protéger, formalisez chaque mission par un contrat de freelance écrit, travaillez pour plusieurs clients, fixez vos propres horaires et utilisez votre propre matériel. Le contrat doit clairement établir l’absence de lien de subordination.

Quelles sont les implications comptables du passage de freelance à société ?

Le passage en société implique une valorisation des actifs transférés (matériel, clientèle, stock) et l’établissement d’un bilan d’ouverture. Les frais de constitution (notaire, inscription à la BCE, TVA) sont soit amortissables, soit déductibles immédiatement selon leur nature. Votre comptabilité bascule obligatoirement en partie double, avec dépôt de comptes annuels à la Banque nationale de Belgique.

Ce changement a aussi des conséquences fiscales directes : vous passez de l’IPP à l’ISOC, et votre rémunération en tant que dirigeant doit être planifiée (minimum 45 000 EUR pour accéder au taux réduit de 20 %). Préparez cette transition avec votre expert-comptable au moins six mois à l’avance.