En 2026, la Belgique dénombre plus de 1 000 000 de travailleurs indépendants selon l’INASTI. Le profil évolue : les femmes représentent désormais 35,7 % des effectifs, et 156 690 indépendants poursuivent leur activité après la retraite.
Mais avant de rejoindre l’aventure de l’entreprenariat, la première étape consiste à se poser la question du choix du statut de son entreprise : exercer en personne physique ou créer une société ?
Ce dossier se concentre sur le statut de travailleur indépendant personne physique. Quels types d’activité sont concernés ? Quelles formalités accomplir, et combien ça coûte en 2026 ? Voici le mode d’emploi, étape par étape.
L’info en 5 points-clés
- L’inscription à la BCE coûte 111,50 EUR en 2026 (unité d’établissement incluse). Ce tarif est indexé chaque année par le SPF Économie.
- Le diplôme de gestion de base n’existe plus. Supprimé en Flandre (2018), à Bruxelles (janvier 2024) et en Wallonie (octobre 2025), il n’est plus requis nulle part en Belgique.
- Les cotisations sociales varient de 14,16 % à 20,50 % selon vos revenus nets et votre catégorie (principal, complémentaire, conjoint aidant). La cotisation minimale trimestrielle pour un indépendant à titre principal s’élève à 890,42 EUR.
- La franchise de TVA reste accessible sous 25 000 EUR HTVA. Si votre chiffre d’affaires dépasse ce seuil de plus de 10 %, vous perdez le régime dès l’opération excédentaire.
- Des aides régionales existent : jusqu’à 12 500 EUR via Airbag en Wallonie, et une prime dégressive de 4 000 EUR à Bruxelles pour les demandeurs d’emploi.
Quelles démarches pour devenir travailleur indépendant ?
Devenir indépendant en Belgique implique une série de formalités. Voici les principales étapes :
- L’élaboration d’un business plan (facultatif, mais pertinent)
- L’ouverture d’un compte bancaire
- La récolte des autorisations liées au secteur d’activité
- L’obtention d’un numéro d’entreprise
- L’activation du numéro de TVA
- L’affiliation à une caisse d’assurance sociale et à une mutualité
- La souscription aux assurances obligatoires
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L’élaboration d’un business plan
Rédiger un plan d’affaires n’est pas obligatoire pour un indépendant personne physique. C’est pourtant un exercice utile : il vous force à définir vos objectifs, estimer vos revenus prévisionnels et anticiper vos charges.
L’ouverture d’un compte bancaire
L’ouverture d’un compte bancaire consacré à votre activité permet à l’administration fiscale de distinguer vos finances professionnelles de vos dépenses privées. Pour choisir votre compte bancaire professionnel, comparez les frais de gestion, les services inclus et la facilité d’utilisation de la plateforme en ligne.
Les autorisations liées au secteur d’activité
Certains métiers exigent des certificats ou agréments spécifiques. C’est le cas des boulangers, des restaurateurs ou encore des installateurs en chauffage.
💡 Bonne nouvelle : le diplôme de gestion de base, autrefois exigé à Bruxelles et en Wallonie, a été supprimé. Bruxelles l’a abandonné le 15 janvier 2024, la Wallonie le 1er octobre 2025. La Flandre l’avait déjà supprimé en 2018.
Cette simplification concerne uniquement les connaissances de gestion de base. Les compétences professionnelles restent obligatoires pour les professions libérales et/ou réglementées (avocats, architectes, bouchers, coiffeurs, …).
L’obtention d’un numéro d’entreprise
Vous recevez votre numéro d’entreprise lors de votre inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE). Rendez-vous dans un guichet d’entreprises agréé avec :
- Votre carte d’identité
- Le numéro de votre compte bancaire professionnel
- Les éventuelles autorisations particulières liées à votre activité
L’activation du numéro de TVA
Si vous êtes assujetti à la TVA, vous devez faire activer votre numéro d’entreprise comme numéro de TVA. Cette démarche peut se faire en même temps que votre inscription à la BCE.
L’affiliation à une caisse d’assurance sociale et à une mutualité
Cette affiliation vous permet de payer vos cotisations sociales et de bénéficier de l’assurance maladie-invalidité. Pour bien comprendre les garanties et choisir votre mutuelle d’indépendant, prenez le temps de comparer les offres. Les remboursements complémentaires varient d’une mutualité à l’autre.
Les assurances obligatoires
Certaines assurances sont imposées par la loi :
- L’assurance responsabilité civile objective incendie ou explosion
- L’assurance contre les accidents du travail (si vous employez du personnel)
- L’assurance responsabilité civile véhicules
- La responsabilité civile professionnelle selon la profession (architecte, avocat, professionnel de santé, …)
D’autres sont fortement recommandées : assurance revenu garanti, pension complémentaire libre (PCLI).
Combien ça coûte de devenir indépendant en Belgique ?
Se lancer comme indépendant n’est pas gratuit. Voici les principaux postes de dépenses à anticiper :
- Capital de départ en fonction du type d’activité
- Frais d’inscription à la BCE
- Cotisations sociales
- Impôt sur le revenu
- TVA
Le capital de départ
Aucun texte légal n’impose de capital de départ aux indépendants personnes physiques. Cette obligation concerne certaines sociétés, pas les entreprises individuelles.
Un consultant peut démarrer avec un ordinateur portable. Un boulanger, lui, devra investir dans du matériel et un local. La mise de départ dépend entièrement de votre activité.
Les frais d’inscription à la BCE
L’inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises est un coût unique, intégralement déductible. En 2026, le tarif s’élève à 111,50 EUR (une unité d’établissement incluse). Ce montant est indexé chaque année par le SPF Économie.
Les cotisations sociales
Le montant de vos cotisations sociales dépend de votre catégorie et de vos revenus nets. Les taux oscillent entre 14,16 % et 20,50 %.
Voici les tranches applicables pour un indépendant à titre principal en 2026 :
| Tranche de revenu net annuel | Taux |
|---|---|
| Moins de 17 374,08 EUR (cotisation minimale) | Forfait de 890,42 EUR/trimestre |
| De 17 374,08 EUR à 75 024,54 EUR | 20,50 % |
| De 75 024,54 EUR à 110 562,42 EUR | 14,16 % |
| Au-delà de 110 562,42 EUR | 0 % |
Le forfait trimestriel de 890,42 EUR correspond à 3 561,68 EUR par an, avant frais de gestion de la caisse (variables selon l’organisme, généralement autour de 4 %). Ces frais de gestion s’ajoutent à la cotisation de base.
L’impôt sur le revenu
Les bénéfices d’une entreprise individuelle sont soumis à l’impôt des personnes physiques (IPP), un impôt progressif par tranches. En déduisant vos frais professionnels de votre chiffre d’affaires, vous obtenez votre revenu professionnel net imposable.
Voici les tranches IPP pour l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025) :
| Tranche de revenu imposable | Taux |
|---|---|
| De 0 à 16 320 EUR | 25 % |
| De 16 320 EUR à 28 800 EUR | 40 % |
| De 28 800 EUR à 49 840 EUR | 45 % |
| Au-delà de 49 840 EUR | 50 % |
La quotité exemptée d’impôt s’élève à 10 910 EUR pour l’exercice 2026 (revenus 2025). Concrètement, vous ne payez pas d’impôt sur cette première tranche de revenus.
Bonne nouvelle pour les futurs indépendants : la réforme fiscale votée le 17 décembre 2025 prévoit une hausse progressive de cette quotité exemptée. Dès l’exercice 2027 (revenus 2026), elle passera à 11 550 EUR, avec un objectif de 15 600 EUR à l’horizon 2030.
Pour réduire davantage votre base imposable, pensez à découvrir tous les frais déductibles auxquels vous avez droit.
La TVA
Les travailleurs indépendants belges sont assujettis à la TVA, sauf s’ils bénéficient de la franchise de TVA. Celle-ci est accessible si votre chiffre d’affaires annuel reste inférieur à 25 000 EUR HTVA.
Les trois taux de TVA en Belgique :
- 6 % : alimentation de base, livres, médicaments, eau
- 12 % : restauration (hors boissons), produits phytosanitaires, margarine
- 21 % : taux standard, applicable par défaut à la plupart des biens et services
Attention : si votre chiffre d’affaires dépasse le seuil de 25 000 EUR de plus de 10 % en cours d’année, vous perdez le bénéfice de la franchise dès l’opération excédentaire. Un retour au régime de franchise n’est possible qu’au 1er janvier de la deuxième année suivant votre sortie.
Devenir indépendant pour quels types de travail ?
Un métier exercé en entreprise individuelle peut être de nature libérale, commerciale ou artisanale.
Activité libérale
L’activité libérale repose sur la fourniture de services non commerciaux. Certains professionnels dépendent d’un ordre (avocats, architectes), d’autres exercent sans réglementation spécifique.
Activité commerciale
Le commerçant réalise des opérations commerciales à titre habituel : achats pour revente, intermédiation, transport de marchandises. Les restaurateurs, opticiens et gérants d’auto-écoles en sont des exemples typiques.
Activité artisanale
L’artisan exerce une activité de production, transformation, réparation ou prestation de services. Il peut employer un nombre limité de salariés et doit disposer d’un diplôme attestant de sa qualification. Coiffeurs, esthéticiens et couturiers relèvent de cette catégorie.
Quels statuts autres que celui d’indépendant à titre principal ?
L’INASTI (Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants) distingue plusieurs catégories de travailleurs indépendants. Les trois principales :
- Les indépendants à titre principal : leur temps de travail est majoritairement consacré à leur activité indépendante
- Les indépendants à titre complémentaire
- Les conjoints aidants
Le SPF Économie mentionne une quatrième catégorie : les étudiants-indépendants.
Qu’est-ce qu’un indépendant à titre complémentaire ?
Les indépendants complémentaires exercent en parallèle une autre activité pour le compte d’un employeur. Dans ce cas, vous restez assujetti au statut social des travailleurs indépendants : affiliation à une caisse d’assurances sociales et redevance des cotisations sociales.
Vous conservez par priorité les avantages sociaux de votre régime principal (salarié, fonctionnaire, pensionné). Un point souvent méconnu : si vos revenus nets annuels restent sous 1 922,16 EUR, vous ne payez aucune cotisation sociale en tant que complémentaire. Au-delà, les cotisations sont calculées au taux de 20,50 % sur vos revenus nets.
Vous pouvez être considéré comme indépendant à titre complémentaire :
- Si vous êtes salarié, intérimaire ou enseignant non nommé : au moins un mi-temps mensuel dans votre activité salariée
- Si vous êtes fonctionnaire : 200 jours ou 8 mois par an, avec au moins un mi-temps mensuel
- Si vous êtes enseignant nommé : au moins 6/10e d’un horaire complet
- Si vous êtes chômeur : vous bénéficiez d’allocations de chômage et êtes autorisé à exercer une activité accessoire
- Si vous êtes bénéficiaire d’une indemnité mutuelle : incapacité d’au moins 66 %, avec une indemnité au moins équivalente à la pension d’un indépendant au taux isolé
Par exemple
Julie, graphiste salariée à mi-temps dans une agence namuroise, effectue quelques missions en freelance le soir et le week-end. Elle est indépendante à titre complémentaire.
Le statut de conjoint aidant
Le conjoint aidant est marié ou en cohabitation légale avec un travailleur indépendant. Pour bénéficier de ce statut, trois conditions :
- Apporter une aide effective régulièrement ou au moins 90 jours par an
- Ne pas avoir de revenus personnels supérieurs à 3 000 EUR par an provenant d’une activité indépendante
- Ne pas percevoir de revenus d’une activité salariée ou de fonctionnaire
Nadia travaille dans le studio de tatouage de son compagnon à Charleroi, sans être salariée. Elle est considérée comme conjointe aidante et doit s’affilier à la même caisse d’assurances sociales que son partenaire.
Le statut d’étudiant-indépendant
En vigueur depuis 2017, ce statut permet aux étudiants de lancer une activité tout en profitant d’avantages en matière de protection sociale et de fiscalité. Trois conditions à remplir :
- Avoir entre 18 et 25 ans
- Être inscrit à titre principal dans un établissement d’enseignement reconnu, en Belgique ou à l’étranger
- Exercer une activité professionnelle en tant qu’indépendant personne physique
Le régime de cotisations est avantageux. Voici les seuils de revenus pour 2026 :
| Revenu annuel net | Cotisations sociales |
|---|---|
| Moins de 8 687,04 EUR | Aucune cotisation |
| De 8 687,04 EUR à 17 374,08 EUR | Cotisation réduite |
| 17 374,08 EUR ou plus | Cotisation identique à un indépendant à titre principal |
Par exemple
Léa, 21 ans, étudie le marketing à Louvain-la-Neuve et gère un petit e-shop de bijoux faits main. Ses revenus nets atteignent 7 500 EUR par an : elle ne paie aucune cotisation sociale. Si son activité décolle et dépasse 17 374,08 EUR, elle sera redevable des mêmes cotisations qu’un indépendant à titre principal.
Attention : si vos revenus dépassent certains seuils, vous risquez de perdre votre statut de personne à charge sur la déclaration fiscale de vos parents. Faites le calcul avant de vous lancer.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de travailleurs indépendants en Belgique ?
Selon l’INASTI, la Belgique comptait 1 299 825 travailleurs indépendants au 31 décembre 2024, en hausse de 20 655 par rapport à 2023.
Parmi eux, 801 544 exercent à titre principal et 341 591 à titre complémentaire. Fait marquant : 156 690 indépendants poursuivent leur activité après la retraite.
Les femmes représentent 35,7 % des effectifs (464 634). La tendance est à la croissance continue depuis plus de dix ans.
Quelles sont les conditions pour devenir indépendant en Belgique ?
Les conditions de base sont accessibles : avoir au moins 18 ans, ne pas être sous contrôle judiciaire ni déclaré légalement incapable, et ne pas faire l’objet d’une interdiction d’exercer une activité commerciale.
Le diplôme de gestion de base est-il encore obligatoire ?
Non. Le diplôme de gestion de base a été supprimé dans les trois régions belges : en Flandre (depuis 2018), à Bruxelles-Capitale (depuis le 15 janvier 2024) et en Wallonie (depuis le 1er octobre 2025).
Cette mesure vise à simplifier l’accès à l’entrepreneuriat. Les compétences professionnelles restent obligatoires pour les métiers réglementés comme la restauration, la boucherie ou la coiffure.
Combien de temps faut-il pour devenir indépendant ?
Entre la première démarche administrative et l’autorisation officielle d’exercer, comptez environ une semaine. En passant par un prestataire comme myfid, ce délai peut être réduit à quelques jours.
Pour les ressortissants étrangers, les délais sont généralement plus longs en raison des formalités supplémentaires (carte professionnelle, permis de séjour).
Quelles aides financières existent pour les nouveaux indépendants ?
Deux aides régionales principales sont disponibles :
- Airbag (Wallonie) : jusqu’à 12 500 EUR versés en quatre tranches sur deux ans, pour amortir la transition vers le statut d’indépendant à titre principal.
- Prime Actiris (Bruxelles) : une prime dégressive de maximum 4 000 EUR sur six mois, réservée aux demandeurs d’emploi. Le détail : 1 250 EUR le premier mois, 1 000 EUR le deuxième, 750 EUR le troisième, 500 EUR le quatrième, puis 250 EUR les cinquième et sixième mois.
L’avantage tremplin-indépendants permet aussi de conserver ses allocations de chômage pendant 12 mois tout en exerçant une activité accessoire d’indépendant.
Un étudiant-indépendant doit-il payer des cotisations sociales ?
Tout dépend des revenus. En dessous de 8 687,04 EUR de revenu net annuel, il ne paie aucune cotisation sociale. Entre 8 687,04 EUR et 17 374,08 EUR, il paie une cotisation réduite. Au-delà de 17 374,08 EUR, il est redevable des mêmes cotisations qu’un indépendant à titre principal.
Ces seuils sont valables pour 2026 et sont indexés chaque année par l’INASTI. Attention : des revenus trop élevés peuvent aussi vous faire perdre le statut de personne à charge sur la déclaration fiscale de vos parents.
Comment myfid peut m’aider à devenir indépendant ?
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