Depuis le 1er janvier 2026, les véhicules thermiques commandés ne bénéficient plus d’aucune déductibilité fiscale. Seuls ceux commandés avant fin 2025 conservent un régime transitoire (50 % en 2026). Les voitures 100 % électriques restent intégralement déductibles si commandées avant 2027.
Quel véhicule commander ? Combien coûte réellement une voiture de société après impôts, cotisation CO2 et ATN ? Faut-il envisager le budget mobilité ?
Vos experts-comptables myfid font le point sur les règles applicables en 2026.
Table des matières
- L’info en 5 points-clés
- Quelle est la déductibilité des véhicules thermiques en 2026 ?
- Quelle est la déductibilité des véhicules électriques ?
- Quel est le régime des hybrides rechargeables ?
- Comment fonctionne la formule de calcul de la déductibilité ?
- Comment est calculé l’ATN voiture de société en 2026 ?
- Cotisation CO2 patronale (cotisation de solidarité ONSS)
- Récupération de la TVA sur les véhicules de société
- Réforme de la taxe de mise en circulation en Wallonie
- Quel est l’impact comptable de la non-déductibilité ?
- ASBL et entités à l’impôt des personnes morales
- Budget mobilité : ce qui change en 2026
- Cas particuliers et exceptions
- Pièges fréquents à éviter
- Questions fréquentes
L’info en 5 points-clés
- Véhicules thermiques commandés à partir du 1er janvier 2026 : déductibilité de 0 %. Seuls ceux commandés entre le 01/07/2023 et le 31/12/2025 bénéficient encore du régime transitoire (50 % en 2026, 25 % en 2027, 0 % en 2028).
- Véhicules 100 % électriques : déductibilité de 100 % pour les commandes passées avant le 1er janvier 2027, puis un calendrier dégressif s’applique (95 % en 2027, 90 % en 2028, etc.).
- La cotisation CO2 patronale augmente fortement en 2026 : le facteur de multiplication passe de 2,75 à 4 pour les véhicules commandés après le 01/07/2023, ce qui alourdit le coût employeur.
- L’ATN minimum annuel pour 2026 est de 1 690 EUR. Le pourcentage CO2 varie de 4 % à 18 % de la valeur catalogue, selon les émissions et le type de carburant.
- La part non déductible des frais de voiture génère une DNA (dépense non admise) qui s’ajoute à la base imposable à l’impôt des sociétés, alors que l’ATN est taxé dans le chef du dirigeant à l’IPP : attention à la double charge fiscale.
Quelle est la déductibilité des véhicules thermiques en 2026 ?
Il faut distinguer trois situations selon la date de commande du véhicule.
Véhicules commandés avant le 1er juillet 2023
Ces véhicules restent soumis à l’ancienne formule de calcul (voir plus bas), mais leur déductibilité est plafonnée par le calendrier dégressif : maximum 50 % en 2026, 25 % en 2027, puis 0 % en 2028. Les anciens seuils plancher de déductibilité (50 % ou 40 % pour les véhicules émettant plus de 200 g CO2/km) ont été supprimés.
Véhicules commandés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025
Pour ces véhicules en régime transitoire, la déductibilité suit un calendrier dégressif strict :
| Année | Déductibilité maximale |
|---|---|
| 2025 | 75 % |
| 2026 | 50 % |
| 2027 | 25 % |
| 2028 | 0 % |
La formule classique (120 % – 0,5 × coefficient × CO2) reste applicable, mais le résultat obtenu est plafonné par les pourcentages ci-dessus. Concrètement, même un véhicule essence peu polluant (90 g CO2/km) ne pourra pas dépasser 50 % de déductibilité en 2026.
Véhicules commandés à partir du 1er janvier 2026
Aucune déduction fiscale n’est possible. La déductibilité est de 0 % dès la première année. Il n’y a pas de régime transitoire pour ces véhicules.
⚠️ Attention : c’est la date de commande (et non de livraison ou d’immatriculation) qui détermine le régime fiscal applicable. Un véhicule commandé le 28 décembre 2025 mais livré en mars 2026 bénéficie encore du régime transitoire.
Quelle est la déductibilité des véhicules électriques ?
Les véhicules 100 % électriques conservent un traitement fiscal avantageux, mais qui s’érode progressivement :
| Date de commande | Déductibilité |
|---|---|
| Avant le 01/01/2027 | 100 % |
| En 2027 | 95 % |
| En 2028 | 90 % |
| En 2029 | 82,5 % |
| En 2030 | 75 % |
| En 2031 | 67,5 % |
Pour un dirigeant de PME qui hésite entre conserver sa voiture thermique en régime transitoire ou passer à l’électrique, le calcul est souvent tranché : un véhicule électrique commandé en 2026 est déductible à 100 %, contre 50 % maximum pour un thermique en fin de régime transitoire. L’écart de déductibilité compense en grande partie le surcoût d’achat, surtout pour les véhicules dont la valeur catalogue dépasse 40 000 EUR.
Quel est le régime des hybrides rechargeables ?
Les règles applicables aux hybrides rechargeables se sont durcies. Pour les sociétés, depuis 2026, les frais de carburant fossile ne sont plus déductibles. Seuls les frais d’électricité restent déductibles à 100 %.
Les véhicules hybrides dont les émissions CO2 dépassent 75 g/km sont désormais considérés comme des « faux hybrides » et suivent le régime des véhicules thermiques.
💡 Bon à savoir : les indépendants en personne physique bénéficient encore d’une déductibilité partielle des frais de carburant fossile sur leurs hybrides rechargeables. Cette différence de traitement entre sociétés et personnes physiques peut influencer le choix du moment pour passer en société. Un indépendant qui roule beaucoup en hybride a intérêt à évaluer l’impact de ce passage sur le coût réel de son véhicule.
Comment fonctionne la formule de calcul de la déductibilité ?
Pour les véhicules en régime transitoire (commandés entre le 01/07/2023 et le 31/12/2025), la formule suivante reste applicable :
Déductibilité = 120 % – (0,5 × coefficient de carburant × émissions CO2)
Les coefficients varient selon le carburant :
- Diesel : 1
- Essence : 0,95
- LPG/CNG : 0,90
- Électrique : non concerné (déductibilité forfaitaire)
Le résultat de cette formule est ensuite plafonné par le calendrier dégressif (50 % maximum en 2026 pour les véhicules thermiques). Pour les véhicules commandés à partir du 1er janvier 2026, cette formule ne s’applique plus : la déductibilité est directement de 0 %.
Par exemple
Marc dirige une SRL à Liège. Il a commandé une voiture essence émettant 120 g CO2/km en octobre 2024. Le calcul donne : 120 % – (0,5 × 0,95 × 120) = 63 %. Mais en 2026, ce taux est plafonné à 50 %. En 2027, il sera plafonné à 25 %. Les 50 % non déductibles en 2026 constituent une DNA qui s’ajoute à la base imposable de sa société à l’impôt des sociétés.
Comment est calculé l’ATN voiture de société en 2026 ?
L’avantage de toute nature (ATN) est un revenu imposable dans le chef du dirigeant ou du salarié qui utilise la voiture de société à des fins privées. Pour les revenus 2026 (exercice d’imposition 2027), les paramètres sont les suivants :
- ATN minimum annuel : 1 690 EUR
- Émission CO2 de référence : 70 g/km pour l’essence, le LPG et le gaz naturel ; 58 g/km pour le diesel
- Pourcentage CO2 : 5,5 % de base, ajusté de 0,1 % par gramme au-dessus ou en dessous de la référence (minimum 4 %, maximum 18 %)
La formule complète :
ATN = valeur catalogue × coefficient d’âge × 6/7 × pourcentage CO2
Le coefficient d’âge diminue de 6 % par an (avec un minimum de 70 % de la valeur catalogue neuve). L’ATN fait partie du package de rémunération global du dirigeant. Avant de commander un véhicule, comparez le coût total (ATN imposable + cotisation CO2 + part non déductible) avec une augmentation de rémunération en cash ou en dividendes. Pour une optimisation fiscale du dirigeant complète, cette comparaison est indispensable.
Cotisation CO2 patronale (cotisation de solidarité ONSS)
L’employeur qui met un véhicule de société à disposition d’un travailleur (pour usage privé ou domicile-travail) paie une cotisation CO2 mensuelle à l’ONSS. En 2026, cette cotisation augmente sensiblement.
Montants minimums mensuels :
| Véhicule commandé | Minimum mensuel 2026 |
|---|---|
| Avant le 01/07/2023 | 33,93 EUR |
| À partir du 01/07/2023 | 42,34 EUR |
Pour les véhicules commandés après le 01/07/2023, le facteur de multiplication passe de 2,75 (en 2025) à 4 (en 2026). Des augmentations supplémentaires sont prévues en 2027 et 2028. Cette hausse alourdit le coût employeur et rend les véhicules à fortes émissions encore moins intéressants d’un point de vue financier.
Récupération de la TVA sur les véhicules de société
La TVA sur les frais liés au véhicule (achat, entretien, carburant, leasing) reste récupérable au prorata de l’usage professionnel, avec un plafond légal de 50 %. Ce plafond s’applique même aux véhicules électriques déductibles à 100 % à l’impôt des sociétés.
Trois méthodes permettent de déterminer le pourcentage d’utilisation professionnelle :
- Livre de bord : la méthode la plus précise, mais aussi la plus contraignante. Chaque déplacement (date, motif, lieu, kilométrage) doit être consigné
- Forfait kilométrique : distance domicile-travail × 2 × 200 jours / kilométrage annuel total
- Forfait général : 35 % d’utilisation professionnelle présumée (le plus simple, mais souvent le moins avantageux)
⚠️ Attention : en cas de contrôle, l’administration fiscale exige des preuves concrètes de l’usage professionnel. Le forfait général de 35 % est un filet de sécurité, pas un optimum.
Réforme de la taxe de mise en circulation en Wallonie
En Wallonie, la taxe de mise en circulation (TMC) a été réformée depuis le 1er juillet 2025. Le nouveau calcul intègre quatre critères : la puissance du moteur, les émissions de CO2, la masse maximale autorisée et le type de carburant. Les barèmes en vigueur couvrent la période du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026 (indexation annuelle au 1er juillet).
Les véhicules électriques et hybrides sont avantagés par cette formule. Seule la taxe de mise en circulation est concernée ; la taxe de circulation annuelle reste inchangée.
Deux réductions spécifiques existent :
- Familles nombreuses (3 enfants ou plus de moins de 21 ans) : réduction de 250 EUR
- Familles monoparentales : réduction de 250 EUR à partir du 1er juillet 2026
Cette réforme s’applique uniquement aux véhicules immatriculés par des particuliers ou indépendants résidant en Wallonie. Les sociétés immatriculées dans les autres Régions suivent les règles bruxelloises ou flamandes.
Quel est l’impact comptable de la non-déductibilité ?
La part des frais de voiture qui n’est pas déductible fiscalement devient une dépense non admise (DNA). Cette DNA est réintégrée dans la base imposable de la société et taxée à l’impôt des sociétés (25 %, ou 20 % pour les PME sur les premiers 100 000 EUR).
Concrètement, pour un véhicule thermique en régime transitoire dont 50 % des frais ne sont pas déductibles en 2026, ces 50 % s’ajoutent au bénéfice imposable. L’amortissement du véhicule, le leasing, le carburant, l’assurance et l’entretien : tous ces frais suivent le même régime de déductibilité limitée.
Les changements de déductibilité affectent directement vos écritures comptables. Pour les achats directs, l’amortissement n’est que partiellement déductible. Pour les leasings et locations longue durée, les charges sont elles aussi partiellement non déductibles. La DNA qui en résulte coexiste avec l’ATN taxé dans le chef du dirigeant : la société paie l’ISOC sur la part non déductible, et le dirigeant paie l’IPP sur l’ATN. Cette double charge fiscale est un piège que beaucoup de PME ne mesurent pas.
Par exemple
Sophie dirige une SRL à Namur. Sa société met à sa disposition un véhicule diesel (commandé en septembre 2024) d’une valeur catalogue de 45 000 EUR, émettant 130 g CO2/km. En 2026, les frais annuels du véhicule s’élèvent à 12 000 EUR (amortissement, carburant, assurance, entretien). Avec une déductibilité plafonnée à 50 %, la DNA est de 6 000 EUR. Au taux ISOC de 20 %, cela représente 1 200 EUR d’impôt supplémentaire pour la société. En parallèle, Sophie est personnellement imposée sur l’ATN (minimum 1 690 EUR) dans sa déclaration IPP.
ASBL et entités à l’impôt des personnes morales
Depuis le 1er janvier 2026, les ASBL et autres entités soumises à l’impôt des personnes morales (IPM) sont imposées au taux de 25 % sur l’ensemble des frais de véhicules qui ne sont plus déductibles : leasing, carburant, assurance, entretien et amortissements. Cette mesure vise à aligner le traitement fiscal des ASBL sur celui des sociétés commerciales en matière de verdissement de la mobilité.
Budget mobilité : ce qui change en 2026
Le budget mobilité devient obligatoire pour les entreprises qui proposent des voitures de société. Les grandes entreprises (plus de 50 salariés) devront se conformer au plus tard le 1er janvier 2027. Les entreprises de 15 à 50 salariés ont jusqu’au 1er janvier 2028. Les entreprises de moins de 15 salariés en sont exemptées.
Le budget mobilité se structure en trois piliers :
- Pilier 1 : une voiture de société, mais exclusivement 100 % électrique à partir de 2026
- Pilier 2 : des alternatives durables (vélo, transports en commun, loyer si le domicile se trouve à moins de 10 km du lieu de travail)
- Pilier 3 : versement en espèces du solde restant
Pour les dirigeants de PME, le budget mobilité peut représenter une alternative intéressante à la voiture de société classique, surtout si les déplacements professionnels sont limités. Le pilier 2 offre une flexibilité que la voiture seule ne permet pas, avec un traitement fiscal favorable.
Cas particuliers et exceptions
Professions avec régimes spécifiques
Certaines professions conservent une déductibilité à 100 %, quelle que soit la motorisation :
- Taxis, auto-écoles, véhicules de location avec chauffeur : déductibilité intégrale maintenue
- Véhicules utilitaires légers (camionnettes) : non concernés par la dégressivité s’ils répondent aux critères légaux de classification fiscale
Quelle différence entre société et indépendant en personne physique ?
Le régime diffère sensiblement. Les sociétés n’ont plus aucune déductibilité pour les frais de carburant fossile des hybrides rechargeables depuis 2026. Les indépendants en personne physique conservent une déductibilité partielle. Cette asymétrie peut peser dans la décision de passer en société ou de rester en personne physique, surtout pour un indépendant qui roule en hybride et dont les frais de carburant sont importants.
Pièges fréquents à éviter
- Confondre date de commande et date de livraison. Le régime fiscal est déterminé par la date de commande. Un bon de commande signé avant le 31 décembre 2025 suffit pour bénéficier du régime transitoire.
- Oublier la cotisation CO2 dans le calcul du coût total. Le facteur de multiplication qui passe à 4 en 2026 alourdit la facture ONSS, surtout pour les véhicules à fortes émissions.
- Ne pas réévaluer les contrats de leasing existants. Un leasing conclu en 2024 pour un véhicule thermique verra sa déductibilité passer de 50 % à 25 % puis 0 %. Le coût réel du leasing après impôts augmente chaque année.
- Ignorer la double charge fiscale DNA + ATN. La société paie l’ISOC sur la DNA, le dirigeant paie l’IPP sur l’ATN. Ces deux charges s’additionnent sans se compenser.
Questions fréquentes
Puis-je encore acheter un véhicule diesel ou essence en 2026 ?
Oui, mais pour un véhicule commandé à partir du 1er janvier 2026, la déductibilité est de 0 %. Si votre véhicule a été commandé avant le 31 décembre 2025, vous bénéficiez encore du régime transitoire (50 % de déductibilité en 2026).
Le coût réel après impôt d’un véhicule thermique commandé en 2026 est donc nettement plus élevé que celui d’un véhicule électrique équivalent.
Quel est l’ATN minimum pour une voiture de société en 2026 ?
L’ATN minimum annuel est de 1 690 EUR pour les revenus 2026 (exercice d’imposition 2027). Ce montant s’applique même si le calcul selon la formule officielle donne un résultat inférieur, ce qui est fréquent pour les véhicules électriques à faibles émissions et valeur catalogue modérée.
Comment la non-déductibilité des frais de voiture affecte-t-elle l’impôt des sociétés ?
La part non déductible devient une DNA qui augmente la base imposable à l’ISOC. Pour une société au taux réduit de 20 %, chaque 1 000 EUR de frais non déductibles coûte 200 EUR d’impôt supplémentaire. Cette charge s’ajoute à l’ATN imposé dans le chef du dirigeant : la même voiture est en quelque sorte taxée deux fois, une fois au niveau de la société et une fois au niveau personnel.
Les véhicules utilitaires (camionnettes) sont-ils soumis aux mêmes règles ?
Non. Les véhicules utilitaires légers qui répondent aux critères légaux (classification fiscale spécifique) ne sont pas concernés par la dégressivité de la déductibilité. Ils restent déductibles selon les règles classiques.
La TVA sur les bornes de recharge est-elle déductible ?
Oui. La TVA sur une borne de recharge installée à usage professionnel est déductible selon les mêmes règles que pour le véhicule (plafond de 50 %). Si la borne est installée au domicile du dirigeant, seule la part d’usage professionnel est récupérable.
Le budget mobilité est-il obligatoire pour toutes les entreprises en 2026 ?
Pas encore pour toutes. Les entreprises de plus de 50 salariés doivent se mettre en conformité avant le 1er janvier 2027. Celles de 15 à 50 salariés ont jusqu’au 1er janvier 2028. Les entreprises de moins de 15 salariés ne sont pas concernées par l’obligation. Le pilier 1 du budget mobilité ne permet plus que des véhicules 100 % électriques depuis 2026.
Comment optimiser la fiscalité de ma voiture de société en 2026 ?
Si vous devez commander un véhicule en 2026, le choix électrique s’impose fiscalement : déductibilité à 100 %, cotisation CO2 réduite et ATN plus faible grâce aux émissions nulles. Documentez votre usage professionnel avec un livre de bord pour récupérer le maximum de TVA (jusqu’à 50 %). Comparez aussi le coût total de la voiture de société (ATN + cotisation CO2 + DNA) avec un budget mobilité ou une augmentation de rémunération nette.
