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Amortissement en Belgique : guide pratique pour indépendants et sociétés

En Belgique, l’amortissement permet de répartir le coût d’acquisition d’un bien sur sa durée d’utilisation, avec un impact direct sur votre résultat fiscal.

Concrètement, cela impacte les indépendants et sociétés sur leur charge fiscale annuelle et leur planification financière. Que dit la loi ? Quelles conditions et exceptions ? Les experts-comptables myfid font le point, de manière pratique.

L’info en 5 points-clés

  • Prorata temporis obligatoire : Depuis 2020, toutes les entreprises, y compris les PME et professions libérales, doivent appliquer le prorata temporis la première année.
  • Retour de l’amortissement dégressif : Réintroduit en 2025 pour les PME, permettant d’optimiser fiscalement les premières années d’un investissement.
  • Durées standards : Respectez les durées d’amortissement communément admises (5 ans pour véhicules, 3 ans pour informatique) pour éviter les redressements.
  • Exception importante : Les terrains ne s’amortissent pas, sauf perte de valeur durable et documentée.
  • Planification fiscale : Anticipez l’impact des amortissements sur votre résultat imposable dès vos décisions d’investissement.

Qu’est-ce que l’amortissement ?

L’amortissement est un mécanisme comptable et fiscal qui consiste à répartir le coût d’acquisition d’un bien durable sur plusieurs exercices, en fonction de sa durée d’utilisation prévue. Il reflète ainsi, d’un point de vue comptable, la perte de valeur progressive de ce bien liée à son usage, à l’usure ou à l’obsolescence.

En Belgique, cette pratique est strictement encadrée par le Code des sociétés et des associations (CSA) et par la législation fiscale. Elle concerne tous les actifs immobilisés dont la durée d’utilisation est limitée dans le temps, comme les véhicules, le matériel informatique ou les bâtiments.

Quelles sont les méthodes d’amortissement autorisées en 2025 ?

1. Amortissement linéaire

La méthode linéaire reste la plus courante et consiste à répartir uniformément le coût d’acquisition sur la durée d’utilisation du bien. Le montant amorti est identique chaque année.

Exemple : Une machine acquise pour 15 000 € HTVA amortie sur 10 ans représente une charge annuelle de 1.500 € (hors application du prorata temporis la première année).

2. Amortissement dégressif

Nouveauté 2025 : L’amortissement dégressif est à nouveau accessible aux PME après plusieurs années d’interdiction. Cette méthode permet d’amortir plus fortement le bien durant les premières années d’utilisation.

Le calcul s’effectue en appliquant un taux majoré (maximum le double du taux linéaire) sur la valeur résiduelle du bien. Cette approche présente un avantage fiscal significatif pour les entreprises qui souhaitent réduire leur base imposable à court terme.

Exemple

Une PME achète en janvier 2025 une machine pour 10 000 €, avec une durée d’utilisation estimée à 5 ans.

  • En amortissement linéaire, le taux est de 20 % (100 % ÷ 5 ans).
  • En amortissement dégressif, l’entreprise peut appliquer jusqu’au double, soit 40 % la première année (plafond autorisé).

Calcul année par année :

  • Année 1 : 40 % × 10 000 € = 4 000 € amortis → valeur résiduelle = 6 000 €
  • Année 2 : 40 % × 6 000 € = 2 400 € → valeur résiduelle = 3 600 €
  • Année 3 : 40 % × 3 600 € = 1 440 € → valeur résiduelle = 2 160 €
  • Année 4 : 40 % × 2 160 € = 864 € → valeur résiduelle = 1 296 €
  • Année 5 : la machine est totalement amortie → 1 296 € restants.

Résultat : avec le dégressif, l’entreprise déduit 4 000 € dès la première année, contre seulement 2 000 € avec le linéaire. Cela réduit sa base imposable plus rapidement.

À noter : Le taux dégressif ne peut pas dépasser 40% de la valeur d’acquisition.

3. Règle du prorata temporis

Depuis 2020, toutes les sociétés belges doivent obligatoirement appliquer le prorata temporis pour la première année d’amortissement. Cette règle impose de calculer l’amortissement au prorata exact du nombre de jours d’utilisation du bien dans l’exercice comptable.

Exemple concret :

  • Machine achetée le 1er avril 2025 pour 15.000 € HTVA
  • Durée d’amortissement : 10 ans (taux de 10%)
  • Calcul première année : 15 000 € × 10% × 275/365 = 1 130 €
  • Années suivantes : 1 500 € par an

Durées d’amortissement standard en Belgique

Le tableau ci-dessous présente les durées d’amortissement généralement admises par l’administration fiscale belge en 2025 :

Type de bienDurée (années)Taux annuel
Matériel informatique, GSM333,33%
Mobilier de bureau1010%
Véhicules professionnels520%
Machines industrielles5 à 1010-20%
Bâtiments commerciaux333%
Bâtiments industriels205%
Petit outillage3 à 520-33%

Attention : L’administration fiscale peut contester les durées d’amortissement qui s’écartent significativement de ces standards sans justification économique solide.

Cas particuliers et exceptions

1. Les terrains

Les terrains ne sont généralement pas amortissables car ils ne se déprécient pas avec le temps. Exception : une perte de valeur durable et documentée (pollution, changement de classification urbanistique).

2. Frais de restructuration et goodwill

Les frais liés aux restructurations d’entreprise et le goodwill (fonds de commerce) sont soumis à des règles particulières selon le Code des sociétés. Le goodwill doit être amorti sur une durée maximale de 10 ans, sauf justification économique pour une durée plus longue.

3. Petits investissements

Pour les biens de faible valeur (généralement inférieurs à 1 000 € HTVA), une déduction intégrale l’année de l’acquisition est possible, même si leur durée d’utilisation dépasse un an.

Impact fiscal de l’amortissement

L’amortissement constitue une charge déductible qui réduit votre base imposable. Une planification judicieuse de vos investissements et de leurs amortissements peut donc avoir un impact significatif sur votre fiscalité.

Le choix entre amortissement linéaire et dégressif doit être évalué en fonction de votre situation :

  • Amortissement linéaire : Charge constante, idéal pour les entreprises ayant des résultats stables
  • Amortissement dégressif : Charges plus importantes les premières années, avantageux pour les entreprises en croissance ou ayant des bénéfices importants à court terme

Erreurs fréquentes à éviter

  1. Ignorer le prorata temporis : Obligatoire depuis 2020, même pour les petites structures
  2. Choisir des durées trop courtes : L’administration fiscale peut les rejeter et procéder à un redressement
  3. Amortir des biens déjà entièrement amortis : Vérifiez régulièrement votre registre des immobilisations
  4. Omettre certains biens amortissables : Tous les actifs durables doivent être inventoriés et amortis
  5. Confondre amortissement et déduction pour investissement : Ce sont deux mécanismes fiscaux distincts

FAQ : Vos questions sur les amortissements

Peut-on changer la durée d’amortissement d’un bien en cours d’utilisation ?

En principe, non. La durée d’amortissement doit être fixée dès l’acquisition du bien. Une modification ultérieure pourrait être considérée comme une correction d’erreur ou un changement de méthode comptable, nécessitant une justification solide.

Les indépendants en personne physique sont-ils soumis aux mêmes règles d’amortissement ?

Les indépendants en personne physique suivent les mêmes principes généraux, mais avec certaines spécificités. Notamment, ils ne sont pas tenus d’appliquer le prorata temporis la première année, contrairement aux sociétés.

Faut-il obligatoirement respecter les durées d’amortissement standard ?

Les durées standard constituent une référence mais ne sont pas légalement contraignantes. Vous pouvez appliquer des durées différentes si elles correspondent mieux à la réalité économique de votre activité. Toutefois, des écarts significatifs non justifiés risquent d’être contestés par l’administration fiscale.

Comment amortir un bien partiellement à usage privé ?

Pour un bien à usage mixte (professionnel et privé), seule la partie professionnelle est amortissable. Le pourcentage d’utilisation professionnelle doit être documenté et justifiable (par exemple, 70% pour un véhicule).

Peut-on amortir un bien d’occasion ?

Oui, mais sur une durée qui tient compte de son état et de sa durée d’utilisation restante. La durée sera généralement plus courte que pour un bien neuf équivalent.

Est-il possible de choisir l’amortissement dégressif pour certains biens et linéaire pour d’autres ?

Absolument. Vous pouvez sélectionner la méthode d’amortissement la plus appropriée pour chaque catégorie de biens, voire pour chaque bien individuellement.

Que se passe-t-il en cas de revente d’un bien amorti ?

En cas de cession d’un bien partiellement amorti, vous devez calculer une plus-value ou moins-value sur la base de la valeur comptable nette (valeur d’acquisition moins amortissements cumulés). Cette plus ou moins-value aura un impact fiscal spécifique.