En 2025, posséder ou acquérir un véhicule thermique (essence ou diesel) en Belgique devient fiscalement beaucoup moins avantageux. Les nouvelles règles touchent aussi bien les sociétés que les indépendants et les particuliers.
L’objectif du législateur est clair : encourager le passage progressif à des véhicules zéro émission.
Dans cet article, myfid vous explique les principales règles en vigueur, les échéances importantes à retenir et les impacts financiers à anticiper.
L’info en 5 points-clés
- Fin progressive de la déductibilité fiscale des véhicules thermiques entre 2025 et 2028.
- Augmentation de l’ATN (avantage de toute nature) pour les voitures de société thermiques.
- Cotisation de solidarité CO2 due par l’employeur, calculée selon la motorisation et les émissions.
- Réforme de la taxe de mise en circulation (TMC) et de la taxe annuelle, surtout en Wallonie.
- Restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants (calendrier par normes Euro).
Quelle fiscalité pour les véhicules thermiques en société ?
Les voitures thermiques deviennent de moins en moins intéressantes fiscalement, avec une déduction qui disparaît d’ici 2028 et un ATN plus lourd pour les bénéficiaires. Les sociétés doivent donc anticiper ces changements dans leur politique automobile et envisager des alternatives (électrique, mobilité durable).
1. Déductibilité fiscale (nouveau régime)
Pour les véhicules essence ou diesel commandés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025, la déduction fiscale est progressivement réduite :
- 2025 : 75 %
- 2026 : 50 %
- 2027 : 25 %
- 2028 : 0 %
Cela signifie que les voitures thermiques perdront toute déductibilité à partir de 2028, rendant leur acquisition nettement moins intéressante sur le plan fiscal.
2. Ancienne règle CO2 (encore valable)
Pour les véhicules commandés avant le 1er juillet 2023, l’ancienne formule reste applicable jusqu’à la fin de vie du véhicule. La déduction dépend alors directement des émissions officielles de CO2 :
Formule : Déductibilité (%) = 120 – (0,5 × émissions CO2)
Exemples :
- Véhicule essence émettant 120 g/km → 120 – (0,5 × 120) = 60 % de déduction.
- Véhicule électrique (0 g/km) → 120 – 0 = 120 %, plafonné à 100 %.
3. Avantage de toute nature (ATN)
L’ATN correspond à l’avantage imposable lorsqu’un salarié ou un dirigeant utilise une voiture de société à des fins privées. En 2025, l’ATN augmente pour les véhicules thermiques en raison de la baisse des valeurs de référence CO2 (71 g/km pour l’essence, 59 g/km pour le diesel).
Formule officielle 2025
ATN annuel = Valeur catalogue × [5,5 + ((CO2 réel – CO2 de référence) × 0,1)] % × (6/7) × Coefficient d’âge
- Valeur catalogue : prix neuf TVA incluse + options, hors remises.
- CO2 réel : émissions officielles (WLTP ou NEDC, le plus bas des deux).
- Coefficient d’âge : 100 % la 1ʳᵉ année, réduit de 6 % par an, avec un minimum de 70 %.
Exemple (voiture essence neuve) :
- Valeur catalogue : 35 000 €
- CO₂ réel : 110 g/km
- Référence : 71 g/km → écart de 39 g
- Pourcentage CO₂ : 5,5 + (39 × 0,1) = 9,4 %
- ATN brut : 35 000 × 0,094 = 3 290 €
- Application du facteur (6/7) : ≈ 2 820 €/an
➡ Ce montant est ajouté au revenu imposable du bénéficiaire. À noter : un minimum légal de 1 650 €/ans’applique, même pour les voitures peu polluantes.
4. Cotisation de solidarité CO2
En plus de l’ATN, l’employeur doit payer une cotisation de solidarité CO2 pour tout véhicule mis à disposition. Son montant varie en fonction du type de carburant et des émissions de CO2 du véhicule. Cette cotisation est révisée chaque année par l’administration.
5. Tableau récapitulatif
| Année | Commande après 1/07/2023 | Commande avant 1/07/2023 |
|---|---|---|
| 2025 | 75 % | Ancienne règle (CO2) |
| 2026 | 50 % | Ancienne règle (CO2) |
| 2027 | 25 % | Ancienne règle (CO2) |
| 2028 | 0 % | Ancienne règle (CO2) |
Qu’en est-il des indépendants ?
Les indépendants en personne physique sont soumis aux mêmes taux de déduction que les sociétés :
- 75 % en 2025
- 50 % en 2026
- 25 % en 2027
- 0 % en 2028
En cas d’usage mixte (privé et professionnel), la règle s’applique sur la partie professionnelle uniquement. Pour les achats après juillet 2023, l’avantage fiscal d’un thermique disparaît très vite.
Et les particuliers ?
Pour les particuliers, posséder un véhicule thermique en 2025 représente un coût de plus en plus élevé, tant en taxes qu’en entretien, avec une valeur de revente qui s’érode rapidement face aux politiques environnementales et à la montée en puissance de l’électrique.
1. Taxes et coûts administratifs
Contrairement aux sociétés, les particuliers ne bénéficient d’aucune déduction fiscale pour l’achat ou l’utilisation d’une voiture. En revanche, ils supportent deux taxes principales :
- la taxe de mise en circulation (TMC), calculée en fonction de la puissance du moteur, de la masse du véhicule, du type de carburant et des émissions de CO2 ;
- la taxe annuelle de circulation, dont le montant est plus élevé pour les véhicules puissants ou polluants.
2. Réforme de la TMC en Wallonie dès 2025
À partir du 1er juillet 2025, la Wallonie applique une nouvelle formule de calcul de la TMC. Celle-ci devient nettement plus défavorable aux véhicules thermiques. Le montant sera désormais fonction de plusieurs critères combinés : puissance, masse, carburant et émissions de CO2.
Concrètement, plus le véhicule est lourd, puissant et polluant, plus la taxe grimpera. À l’inverse, les véhicules électriques sont exonérés ou soumis à une taxe symbolique.
3. Restrictions de circulation
Le calendrier des zones de basses émissions (LEZ) et interdictions de circulation se durcit progressivement :
- 2025 : interdiction des véhicules sans norme Euro et Euro 1 à 3.
- 2026 : interdiction des Euro 4.
- 2028 : interdiction des Euro 5 diesel.
- 2030 : interdiction des Euro 6 diesel (sauf Euro 6d et versions ultérieures).
Ces mesures visent à réduire la pollution urbaine et auront un impact direct sur la valeur de revente des véhicules thermiques.
4. Autres coûts et risques
Au-delà des taxes, les particuliers doivent intégrer plusieurs coûts supplémentaires :
- Carburant : le prix de l’essence et du diesel reste soumis aux fluctuations des marchés mondiaux et à des accises(taxes spécifiques) susceptibles d’augmenter.
- Entretien : un véhicule thermique demande généralement plus de maintenance (vidanges, filtres, pièces mécaniques), ce qui alourdit le budget annuel.
- Valeur résiduelle : la revente d’une voiture thermique devient plus difficile et moins rentable, en raison de la diminution de la demande et des restrictions réglementaires.
Le conseil myfid
Si vous envisagez l’achat ou le leasing d’un véhicule pour votre activité, calculez le coût total sur plusieurs années, en tenant compte :
- de la perte progressive de déduction,
- de l’ATN si véhicule de société,
- de la valeur de revente estimée.
Dans la plupart des cas, un véhicule électrique ou hybride rechargeable (selon calendrier applicable) sera plus avantageux à moyen terme.
Vous hésitez entre thermique, hybride ou électrique pour votre activité ? Les experts myfid peuvent analyser votre situation et simuler l’impact fiscal de chaque option. Contactez-nous dès aujourd’hui pour un accompagnement sur mesure.
